INTRODUCTION AUX ONDES COURTES, un site historique maintenu par Michel Baron (Canada)

LES RÉCEPTEURS

 

Il existe une grande gamme de prix parmi les récepteurs d'ondes courtes. On peut payer entre 100 $ et 3 000 $, mais la fourchette la plus probable, pour la majorité d'entre nous, se situe entre 300 $ et 1200 $ canadiens. Comment choisir?

Récepteur Sangean MS 101Pendant des dizaines d'années, le meilleur affichage de la fréquence, sur les récepteurs grand public, a consisté en une aiguille traînée par une ficelle derrière un cadran orné de graduations approximatives, les bandes de radiodiffusion représentées par de petits îlots rectangulaires perdus ici et là. Retrouver deux fois de suite la même station, avec ce matériel, relevait de la patience angélique ou de la veine insolente. Ces récepteurs ont éloigné le grand public des ondes courtes pendant des décennies. Aujourd'hui, exceptés certains mini-portatifs qu'on apprécie principalement pour leur légèreté ou comme second récepteur, tous les récepteurs pensés pour l'écoute efficace des ondes courtes possèdent un affichage numérique de la fréquence (digital display en anglais). La plupart ont un clavier numérique, style téléphone, pour composer directement la fréquence souhaitée. Beaucoup ont aussi une dizaine de mémoires, ou plus, permettant de choisir instantanément la meilleure fréquence de réception de vos programmes favoris, ainsi que des possibilités de recherche par balayage des bandes ou des mémoires.

Sony ICF-SW1

Que ce soit parce que votre budget est limité ou parce qu'un transport facile est pour vous un critère déterminant, vous allez probablement fureter chez les distributeurs des grandes marques asiatiques telles Sangean, Panasonic ou Sony, ou Grundig en Europe. Veillez, à moins d'être certain de ne pas regretter par la suite l'absence de certaines bandes tropicales, à ce que le récepteur couvre bien de 3 à 30 MHz (3 000 à 30 000 kHz) sans trous. Pendant les années de mauvaise propagation, on peut facilement faire son deuil de la section 25 à 30 MHz, comportant la bande des 11 mètres alors peu active, à moins qu'on tienne à écouter les fréquences C.B. aux alentours de 27 MHz.

Panasonic RF-B60
Largeurs réelles : Sony à gauche, 11 cm, Panasonic à droite 20 cm.

De tels récepteurs valent entre 100 et 400 dollars canadiens. On peut leur adjoindre écouteurs, alimentation secteur, antenne extérieure. En gros, ils vous permettront de capter les mêmes programmes qu'un récepteur deux ou trois fois plus cher, avec un peu moins de confort du point de vue de la sélectivité1, encore que SONY ait fait un énorme pas en avant avec l'écoute en bande latérale automatiquement synchronisée.

Sélectivité: Qualité d'un récepteur consistant en la capacité de séparer adéquatement des signaux radio de fréquences voisines.

Realistic DX-160
Le Realistic DX-160 fut très populaire. Cadran superbe, dérive de 30 kHz à l'allumage, difficulté de retrouver les fréquences voulues. Mais c'est un des derniers de l'époque où les récepteurs avaient un mystère et... une âme... Le coffret de transport sur mesure en bois verni appartient aujourd'hui à Guy Marcotte.
Avec les modèles non destinés à être transportés (ils n'ont pas en général d'antenne télescopique incorporée) on obtiendra une meilleure assurance de confort d'écoute chez les marques qui produisent du matériel d'ondes courtes comme Yaesu, Kenwood, Icom, presque toutes japonaises. En particulier chez Icom, Drake et Kenwood, des dispositifs sophistiqués permettent de se mettre à l'abri de nombreuses interférences, au prix de quelques manipulations supplémentaires. Mais nous sommes déjà dans une gamme de prix commençant vers 500$, atteignant ou dépassant les 1 000 $ canadiens, sans parler du haut de gamme dit « professionnel » pour lequel il n'y a plus de limites. Si vous voulez miser gagnant, sans restriction budgétaire, ou si vous vous sentez une mentalité de chasseur de stations rares et faibles, vous irez sans doute vers des marques telles JRC (Japan Radio Company), ou Drake (compagnie américaine), à moins que vous ne réussissiez à mettre la main sur un Racal d'occasion, cette marque de récepteurs utilisés dans les grands centres d'écoute.

Kenwood R-5000

Pour plus de détails sur les récepteurs actuels, il est indispensable de consulter les essais figurant dans la plus récente publication hors série du C.O.C.Q. Rédigés par des utilisateurs exigeants essayant leurs propres récepteurs, ces articles ne sont pas échafaudés sur des considérations techniques, mais sur le point de vue des utilisateurs. Les clubs d'ondes courtes sont toujours à l'affût pour publier des informations sur les nouveautés. D'autres sources pour découvrir des bancs d'essai indépendants de récepteurs sont: le WRTH, le Passport to World Band Radio ou d'autres publications annuelles du même genre.

Avant de fixer définitivement votre choix, ayez tout de même une connaissance précise de ce que vous aimerez écouter, car il existe plusieurs modes de réception dont tous les récepteurs ne sont pas pourvus:

a) La radiodiffusion en modulation d'amplitude.

C'est le mode commun à toute la radiodiffusion, en ondes moyennes ou courtes, et tous les récepteurs, même les moins perfectionnés. Du point de vue technique, c'est la modulation d'amplitude avec porteuse et double bande latérale.

b) La bande latérale unique.

Elle consiste à supprimer, à l'émission, la porteuse et une moitié latérale de la modulation. Le récepteur recrée la porteuse et se passe de la bande manquante, qui contient les mêmes informations que sa jumelle. C'est le procédé aujourd'hui universellement adopté par les radioamateurs et un grand nombre de stations utilitaires (aéronautiques par exemple). Avantages: économie d'énergie à l'émission, moins d'encombrement, moins d'interférences, moins de fading. Un récepteur convenablement équipé doit pouvoir sélectionner de manière distincte la bande latérale supérieure ou inférieure (en anglais USB ou LSB) plutôt que posséder un seul mode commun captant indifféremment l'une ou l'autre avec une sélectivité trop large, ce qui ne conviendrait qu'à des écoutes occasionnelles, non intensives. Bien examiner les portatifs à ce sujet!

C'est une technique similaire qui permet d'entendre clairement le morse (mode CW pour Continuous Wave, en anglais).

c) La bande latérale unique à réinsertion de porteuse.

(En anglais ECSS, exalted carrier selectable sideband). Les récepteurs de communications capables de décoder correctement la bande latérale unique peuvent bénéficier de cette sélectivité "décentrée" pour l'écoute de stations de radiodiffusion dont la réception est gênée, de l'autre côté, par des interférences. La manipulation n'est pas très compliquée, mais elle peut rebuter ou ne pas intéresser les gens n'ayant pas de penchant pour les réglages. Les portatifs n'offrent généralement pas ce genre de performance.

d) Le déplacement de la bande passante.

(Passband tuning ou IF Shift). Ce sont des raffinements du mode précédent, permettant de choisir le point exact donnant la meilleure audition à l'intérieur de la bande latérale. Nécessite une autre manipulation. Disponible chez Icom (certains modèles), chez JRC, Kenwood et Drake.

e) L'écoute en bande latérale à synchronisation automatique.

Raffinement automatique du mode c), elle est particulièrement bien adaptée aux émissions de radiodiffusion (et non pas en véritable bande latérale sans porteuse comme les radioamateurs). Elle peut réduire de manière totale les interférences encombrant la bande latérale opposée. C'est un progrès radical, éliminant les manipulations répétitives, en attendant l'ère hypothétique où tous les radiodiffuseurs émettront en bande latérale et où leur principale audience du tiers-monde sera correctement équipée pour les capter... Disponible seulement sur quelques récepteurs de haut de gamme chez Sony, Grundig, Drake et JRC.

f) Les doubles bandes latérales indépendantes.

Combinaison double du mode b). Elle sert occasionnellement à transmettre deux programmes différents vers un relais. Assez rarement rencontrée et technique généralement de peu d'intérêt pour nous. Le récepteur doit être capable d'occulter complètement la bande latérale non désirée. Possible seulement sur les récepteurs de haut de gamme.

g) Les divers modes de RTTY.

Les divers procédés de décodage des transmissions de texte (par exemple agences de presse) ne sont accessibles de manière fiable qu'avec un décodeur approprié, en conjonction avec un récepteur très stable et très sélectif dans la gamme des non portatifs offrant toutes les possibilités de réglage précis (RIT). Il peut être relié à un écran cathodique ou à une imprimante par interface série.

Il existe aussi des interfaces pour ordinateurs Commodore, Vic 20, pour PC compatibles IBM sur MS/DOS, ainsi que des petits modules avec affichage par diodes alphanumériques pour utilisation plus occasionnelle.

 

Relancez le site Introduction aux ondes courtes en pleine fenêtre.